Témoignage 5

Pour que les enfants en difficulté croient encore à l’école !

Mon expérience d’enseignante me conduit à penser que même si l’hétérogénéité de la classe n’est pas facile à gérer, ou la cohabitation d’élèves de milieux différents, elle est quand même souvent le seul moyen pour que les enfants en difficulté croient encore à l’école.

 

J’ai vécu plusieurs fois des expériences d’enseignement en classes regroupant des enfants en difficulté : des 6èmes d’accueil, une 4ème ; à l’exception d’une fois où les élèves étaient là de façon temporaire pour combler des lacunes, les autres fois, les élèves se sentaient différents des autres élèves et n’avaient comme seul moyen d’être des personnes remarquables que de se vanter d’être des cancres. Ils avaient aussi l’impression qu’apprendre représentait un monde dont ils étaient exclus car « nuls ». Avec de telles classes, j’ai passé mon temps à essayer de convaincre les élèves qu’ils étaient capables comme les autres d’étudier.

 

Pour cela, il a fallu mettre énormément d’énergie, pendant des mois entiers à bâtir des projets qui avaient l’air de défis impossibles à relever et à faire en sorte qu’ils réussissent. Parmi les choses que j’avais essayées, une des choses qui a sans doute le mieux fonctionné, c’est le fait d’inscrire des élèves de 2 classes de milieu différent ensemble à un concours national sur les droits de l’homme : je pensais que sur ce sujet tout le monde avait quelque chose à apporter et j’ai vu des élèves en difficulté, recopier jusqu’à 7 fois leurs réponses afin d’être fiers aux yeux des élèves de l’autre groupe. Grâce à des projets divers, j’ai vu plusieurs fois des groupes qui s’ignoraient ou se méprisaient jusque là, avoir envie de se découvrir et non plus se juger après avoir participé à un projet culturel ambitieux et réussi.

 

Quelles conditions pour y arriver ?

-Une attitude et des paroles de l’enseignant reconnaissant l’égale dignité de chaque élève, et fixant cette dernière comme cadre pour la classe
-la recherche de formes de travail variées parce que comme le disait une personne connaissant la pauvreté, « tout le monde n’a pas le même cerveau »
-des moments de réflexion sur la façon de vivre ensemble , en permettant l’expression des élèves
-obtenir l’adhésion des parents

 

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