"On n'est pas des chiens,

on a le droit de vivre dans un bel endroit !"

Voyant les logements vides murés progressivement, ils décident de mettre des couleurs.

Lors de la fête des voisins en juin, ils font le vernissage de leur exposition et à cette occasion, ils prennent la parole en public :

 

« On nous demande souvent : mais pourquoi faites-vous de la peinture ici, alors que tout va être détruit ? Nous avons envie de répondre que, pour le temps qu’il nous reste à vivre dans la Cité Lys, nous avons le droit à la gaieté et aux couleurs. Il faut mettre des couleurs Maintenant, quand des gens viennent nous voir, ils ne regardent plus les maisons tristes, mais ils regardent les peintures, les fleurs. La Cité Lys est mal vue. Nous voulions montrer que nous ne sommes pas des gens à part. Nous savons faire des choses. Nous sommes des gens bien qui savons faire de belles choses. Ce projet de mise en couleurs et de jardinage a germé dans nos têtes lors de réunions où nous parlions entre nous de nos relogements. Nos voisins partent progressivement, les portes et les fenêtres sont murées. Une de nous a dit : « On n’est pas des chiens, on a le droit de vivre dans un bel endroit. » Nous nous sommes dit qu’il fallait mettre des couleurs.

Il y a un mois et demi, nous avons commencé à peindre. Nous avons fait des croquis, réfléchi à ce que nous voulions dessiner, nous avons mis en blanc puis dessiné sur les murs. Enfin, nous avons mis les couleurs. Tout le monde s’y est mis. Les enfants étaient impatients et réclamaient de peindre chaque mercredi. Les jeunes ont montré leurs talents, ont pris des initiatives. Les adultes ont pris les pinceaux aussi.

 

Nous sommes fiers de ce que nous avons fait. Nous avons peint ce que nous aimons : des paysages. Une jeune disait : « Je vais dessiner quelque chose de beau pour que quand maman regarde par la fenêtre, elle se sente tranquille. » Nous avons peint nos souvenirs : la Kabylie, l’Italie, la mer, le cheval que Monsieur montait quand il était jeune. Nous avons peint des animaux… Aussi des choses que nos enfants aiment, des personnages de dessins animés, de jeux vidéos. Il y en a pour tous les goûts. Nous avons peint des maisons, celles que nous aimerions habiter.

 

Puis nous avons planté des fleurs. Tous ensemble, nous avons fait des jardinières pour décorer le devant de nos maisons. Nous avons choisi les couleurs des fleurs que nous préférons. Nous en plantions avant, mais nous n’avions plus le courage : à quoi bon puisque nous allons partir ! Ça nous a redonné l’envie. Ce projet a permis des liens entre nous. On se connaît mieux maintenant. Avant, nous étions voisins mais on ne se connaissait pas vraiment. Nous nous sommes plus rapprochés. Nous nous parlons de notre départ, nous nous soutenons, nous nous donnons des idées. On se sent moins seuls. Une de nous disait : « Quand quelqu’un part, ça fait mal, les gens me manquent. C’est comme une famille ici. Les enfants peuvent revenir, même si on n’habite plus là. Et moi je passe tous les jours ». »

Notre rapport d'activité 2014

Synthèse de la journée du 12 juin 2014

"Vivre ensemble dans un quartier qui n'oublie personne"

Notre rapport d'activité 2013

Une évaluation intermédiaire 2008-2012

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Le projet 2012 en images

Une concertation permanente : un dialogue entre professionnels, familles très pauvres et acteurs associatifs